La qualité morale des hommes du changement face aux enjeux du changement
(Cet article a été publié dans Le Quotidien LA NATION du 28 Juin 2007)
Alors que l’avènement du changement poursuit son cours avec tous les espoirs qu’il peut donner aux filles et fils de ce pays, des vérités et pas des moindres éclatent, pour donner une image occultée de certains acteurs du changement. Toutes ces nouvelles ne manqueront guère de conséquences bonnes ou néfastes dans la politique du changement pour la réalisation des nobles ambitions de justice, d’équité et de prospérité de l’ensemble des béninois, cause pour laquelle le docteur YAYI BONI s’est engagé.
Par Marius C. DJEGO*
L’explosion des dossiers de mauvaise gouvernance des anciens dirigeants de la SBEE et de la SONEB, peut laisser envisager des doutes sur les intentions qui les a animés dans leur précédente course pour l’Assemblée Nationale. S’il n’est plus d’aucun doute que l’hémicycle est le meilleur refuge des corrompus, des corrupteurs, des mafieux, si tant est que le changement vient restaurer l’espoir surtout pour les jeunes de ce pays en perte de référence, quelle suite donnera t-on à ces dossiers scandaleux ? Mais en attendant, la jeunesse consciente laisse échapper son cri de détresse pour qui doit l’entendre.
Quels exemples pour la jeunesse consciencieuse acquise à la cause du changement ?
« Le droit des autres se termine là où commence celui de chacun », nous apprend l’écrivain argentin MARIO LOUIS RODRIGUEZ CABOS. Enfin, commence le droit de chacun des béninois et en occurrence de la jeunesse opprimée, oppressée et de plus en plus moralement corrompue par ses pères et ses mères. Oui, il s’agit bien de çà, d’une morale corrompue et d’une éducation honteuse que nous transmettent nos parents. Il est temps que ce paysage malsain de gestion des affaires publiques qui pour avoir cessé de semer de l’indignation chez les jeunes, ne s’érige définitivement en faits habituels, en normes ou idéal. L’idéal en effet étant devenu l’enrichissement à outrance, l’Etat doit pouvoir affirmer son autorité pour montrer que tous les moyens ne sont plus bons pour y arriver. Qu’il nous souvienne que l’image du monde extérieur et les actions visibles faites sur celle-ci, pénètrent tout son être physique et émotionnel. Et c’est pourquoi, les parents, les enseignants, nos chefs d’Etat, plutôt que de s’en prendre à leurs enfants, à leurs élèves ou à la jeunesse de leur pays, devraient d’abord prendre conscience de leurs actes et comportements. N’est-ce pas ce que nous apprend l’évangile en disant : « Enlève la poutre qui est dans ton œil, avant de chercher à enlever la paille qui est dans l’œil de ton prochain » ? Dès lors, la recrudescence des actes de braquage et des délits orchestrés de plus en plus par les jeunes de moins en moins âgés, devrait interpeller la conscience des autorités politico administratives. A notre époque, nombreux sont les jeunes qui sont convaincus qu’il n’est plus possible de s’enrichir, qu’on ne peut avoir pion sur rue, sans le vol, le détournement et les actes mafieux. C’est dans ce contexte qu’est apparu le Docteur YAYI BONI, leader d’opinion du changement en qui la jeunesse consciente a commencé à mettre sa confiance pour l’édification d’une nouvelle classe de référence morale et politique. Les prouesses de ses dernières actions n’ont pas manqué de renforcer cette perception extérieure des choses. Mais cette dernière vient à être troublée, par des récits troublants et déconcertants. Le Président de la République, le père de notre nation laissera t-il alors cet espoir s’éteindre ? Fera t-il encore preuve de rigueur et de patriotisme comme celle à l’endroit des opérateurs de réseaux GSM ?
Moralité ou compétence professionnelle des hommes de justice, l’image de la relève en sera la réponse ?
Ces dernières années, le système judiciaire béninois a tout fait de nous montrer que la loi est faite pour défendre les intérêts de ceux qui l’imposent d’une part et celui de ceux qui savent s’en payer le service d’autre part. Point n’est donc besoin de faire recours à des textes et dispositions législatives, codes, conventions et j’en passe, pour réclamer la justice dans notre pays. Nos regards ne peuvent que se tourner aujourd’hui vers ceux qui peuvent imposer les lois de cette république. Si leur intérêt se situe véritablement dans le cadre de la volonté politique exprimée qui nous laisse croire que même le plus petit des béninois pourra bénéficier d’un bien être économique et social, ils doivent prendre chacun leur responsabilité. De même, le président doit prendre les mesures qui s’imposent pour continuer à mériter la confiance de la jeunesse consciencieuse qui le suit et le soutient sans tambour ni trompette. C’est tout de même indispensable, car comme l’a montré le docteur Basile ADJOU, c’est la négligence des petits faits de notre maison qui nous apportent les plus grands problèmes.
En effet, notre paisible et prospère nation de demain, dépend d’aujourd’hui, de ce que nous faisons de chaque instant et de la façon dont nous faisons face à chaque situation qui se présente. Et si nous ne résolvons pas les situations du passé qui remontent aujourd’hui à la surface, ils nous reviendront encore plus tard sous une autre forme encore plus difficile et dangereuse (Gabriele de Wurburg, Vie l’instant). C’est dire donc que si la lumière n’est pas faite sur les dossiers de mauvaise gouvernance qui font aujourd’hui surface, si les responsabilités ne sont pas situées, et la justice rendue et non vendue, il persistera au sein de notre système de changement de grandes plaies. Elles ne peuvent qu’évoluer faute de soins, pour devenir des gangrènes car les porteurs de ces plaies seraient en train de les cacher sous les chaises de l’hémicycle et dans les costumes et boubous d’immunité parlementaire. Et qui devrait donc les soigner ? Si ce n’est que notre législative et notre judiciaire, animés par des hommes et des femmes qui auront demain une grande responsabilité face à leur conscience lorsque l’héritage qu’ils auraient laissé à nous autres leurs enfants, aurait été plutôt que des cœurs vaillants, mais des coffres-forts et immeubles pour une jeunesse sans foi ni loi. Et parlant de foi, que pouvons-nous espérer de nos religions, qu’elles soient endogènes ou exogènes, anciennes ou nouvelle, actuelles ou futures, pour rééduquer notre peuple, pour prêcher la justice divine, bref pour accomplir leur mission originelle.
Que pouvons-nous attendre des religions pour un BENIN émergeant ?
La religion, a dit l’autre, est l’opium du peuple ; mais je préfère encore mieux l’assertion de Mario LUIS RODRIGUEZ CABOS qui montre qu’elle ne peut être d’un profond intérêt que si elle prétend montrer Dieu et non dire de Lui. Les religions méritent en réalité d’être interpellées au vue de la recrudescence des affaires de détournement, parce qu’elles ont une mission de grande envergure ; celle de ~montrer~ Dieu aux fidèles. Et l’évolution de ces derniers sur ce chemin de la perception du devin en eux et non au dehors de leur être devrait se manifester par un renforcement de leur éthique. Malheureusement, ce qui est courant et par ailleurs applaudi à grands coups de tam-tam et de cri, c’est la participation active des grands auteurs de détournement ou de malversations financières aux activités festives de nos religions. Aussi, grâce à certaines de nos religions, ils peuvent dissimuler facilement leur forfait. Et la jeunesse inconsciente commence à faire confiance à cette pratique que nous invitons nos chefs religieux à décourager à jamais, car on peut les voir venir, jeunes, habiles et astucieux, ils s’amènent déjà vers les hémicycles pour combler leur incapacité à faire de l’éthique, de la réussite des études et surtout de l’honnêteté, des moyens de se faire une place au soleil. C’est pourquoi, nous allons souhaiter que les chefs religieux, comme ils sauront si bien le faire, s’impliquent, s’investissent et œuvrent véritablement pour la cause du changement. L’exposition des dossiers qui montreraient que certains hommes ne devraient point se réclamer acteurs du changement sans avoir rendu gorge, est plus que jamais une opportunité, ce que Gabriele de Würzburg appelle énergie du jour, que doit saisir le chef de l’Etat pour redimensionner l’ampleur de sa mission. C’est seulement lorsque toutes ces considérations seront prises en compte par chacun des intervenants de notre vie, que la jeunesse ambitieuse et consciencieuse pourra ne plus s’exclamer : « Quelle éducation nous transmettent aujourd’hui nos parents? »
Conclusion
Enfin, il faudrait que nous attirons l’attention de nos parents sur un certain nombre de choses qu’ils expriment mais sans véritablement œuvrer pour. A tous nos laborieux pères et mères qui justifient l’accumulation effrénée de leur richesse par l’importance de l’héritage à laisser à nous leurs enfants, nous disons merci ! La jeunesse consciencieuse n’en a pas besoin autant. Elle ne demandent qu’une chose : une bonne éducation, des moyens nécessaires et adéquats pour s’instruire dans de bonnes et non extraordinaires conditions de vie et enfin du travail correspondant à son profil après sa formation professionnelle. La jeunesse consciente veut agir et construire librement sa vie, apporter sa pierre à lui dans la construction de la nation et se rendre véritablement utile pour une cause noble. Elle veut connaître les joies et les plaisirs du labeur. Parents, donnez-lui cette opportunité !
*Technicien Supérieur de l’Administration Hospitalière Universitaire et d’Intendance
Chez nous en Afrique, on
dit souvent que celui qui n'a jamais goûté à la sauce d'une autre maman pense que c'est seulement sa mère qui sait préparer! C'est cette fameuse pensée populaire qui m'est venue à l'esprit quand
je lisait ce fameux et insolite petit livre qui avait pour titre:"